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LES VALEURS DU ROYAUME DANS LA CONSTRUCTION EUROPEENNE

par J-M POTENTI
Transforum de Valence, octobre 2007

 

Introduction

Quelle contribution chrétienne dans la construction européenne ? Comment nous situer ? Peut-on envisager une approche spécifiquement chrétienne qui motiverait notre engagement, nous servirait de repères pour l’évolution de l’Europe ?

 

Nous avons choisi d’aborder ces questions sous l’angle des valeurs. Avant toute action, toute vision, tout programme politique, il faut poser un fondement comme le sage qui bâtit sa maison sur le roc. Si nous voulons être efficace, stratégique, nous ne pouvons pas considérer la dimension européenne comme allant de soi pour les uns, ou comme un mal nécessaire pour d’autres.
Nous ne voulons pas d’un engagement par défaut. Pour que notre démarche soit une démarche positive, nous devons discerner les valeurs qui nous portent et qui peuvent donner à notre action une cohérence et un sens profond. Ces valeurs constituent une grille d’analyse qui permet d’approfondir notre réflexion et d’offrir une perspective d’espérance.

 

Quelle perspective pour les nations ?

L’union Européenne est une communauté de nations. S’interroger sur notre engagement au sein de cette communauté, c’est d’abord poser la question de notre vision pour toute nation. L’engagement à l’échelle européenne est nécessairement de la même nature qu’à l’échelle nationale. Il en est le prolongement, et dans ce sens, il nous renvoie à notre compréhension de la perspective biblique des nations.

 

Brièvement, il faut rappeler que :
- Les nations sont une réalité créée par Dieu : le commandement donné à l’homme et à la femme de remplir la terre incluait le développement de l’humanité. L’irruption du mal et du péché n’a pas anéanti cette responsabilité. Les nations ne sont pas une réalité qui aurait surgi indépendamment du projet initial de Dieu, elles en sont le fruit. La différence entre le projet de Dieu et la réalité historique après la chute, c’est que l’humanité va se développer sans Dieu, contre Dieu, témoin ce qui se passe à Babel.
- Mais le projet de Dieu subsiste, puisque la rédemption accomplie par le Christ s’étend de l’individu à toute la création, y compris aux nations. (Col 1/.. Psaume 2). Les nations sont la sphère dans laquelle l’Eglise doit accomplir l’ordre de mission donné par Jésus, faire des disciples. Atteindre tout homme et donc toutes les nations, les ethnies, restera le mot d’ordre des apôtres et de l'Eglise.
- Les nations subsistent après l’établissement du Royaume éternel. On les retrouve dans l'Apocalypse, elles ont donc une dimension éternelle. 
L’espérance du Royaume de Dieu, telle que nous l’avons formulée dans le paragraphe 7 du credo d’ID2R mentionne la création renouvelée. Elle sera le nouvel habitat de la nouvelle humanité. Cette espérance inclut la rédemption des nations : dans la perspective du renouvellement de toutes choses, les nations sont promises à un processus de guérison, magnifiquement imagé en Apocalypse 22/1 et 22/22.

 

Il nous est certes difficile d’imaginer les modalités concrètes de la vie des nations dans l’éternité, comme il nous est difficile de cerner la vie individuelle après la résurrection. Toutefois, les textes bibliques nous en disent suffisamment pour donner un sens à notre engagement présent, fournir un cadre de réflexion, et enfin stimuler notre espérance. Notre travail n’est pas vain dans le Seigneur !

Alors, Quelles valeurs ?

 

Tout le monde, croyants et incroyants, s'accorde pour dire que le rôle de l’Europe est de rechercher et de travailler à la paix, la justice et la réconciliation. Ces notions fondamentales font bien sûr l’unanimité. Il faut tout de même rappeler leur enracinement biblique, preuve s’il en est besoin de l’imprégnation de notre culture par le message évangélique. Elles appartiennent à la culture universelle, personne ne songerait à les remettre en question. Nous n’avons donc pas à les défendre.

 


Par contre, nous devons en retrouver le sel… Est-ce que leur vulgarisation au sens positif du terme n’a pas pour effet de les affadir ? Nous sommes responsables de leur donner un contenu concret et pertinent. Comment donner du sens à nos valeurs, en gardant notre cadre de référence ? C’est tout l’enjeu de notre démarche. Il en va des valeurs de paix, de justice comme de la devise de la France, Liberté, Egalité, Fraternité. Employant les mêmes mots, nous ne parlons pas toujours des mêmes choses. Redonner du sens, du contenu, de la densité à ces valeurs doit rester notre objectif premier. A moins de cela, nous n’avons plus de message, nous nous fondons dans l’anesthésie d’un discours consensuel. Pire, nous contribuons à élever ces valeurs au rang d’absolu. Or, sans référence à la transcendance, mêmes les valeurs les plus nobles deviennent des absolus, et le totalitarisme n’est pas loin. Témoin le risque de la dictature de la tolérance qui interdit tout débat, toute confrontation d'idées, même pacifique.

 

Je voudrais insister sur, à la fois, la limite et la beauté de notre démarche : nous devons laïciser notre discours par souci de communication, afin d’être entendu, sans pour autant perdre les fondamentaux de notre référence à Dieu.

 

C’est pourquoi je vous propose de réfléchir à ce que nous considérons comme l’essentiel de notre foi et de notre piété, tel que Jésus lui-même l’a défini. Alors que des spécialistes religieux lui demandaient quel était le plus grand commandement, Il répondra de manière magistrale en résumant toute la loi de l’Ancien Testament en deux paroles : « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur… et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Marc 12/29.
Il reprend en fait deux paroles de Dieu, celle de Deutéronome 6/4 pour le premier commandement, et Lévitique 19/18 pour le second.
Rappelons que ces commandements ne sont pas destinés à régir la relation entre Dieu et l’individu seulement. Il s’agit plutôt d’une alliance entre Dieu et le peuple qu’il a délivré de l’esclavage de l’Egypte. Après cet acte de salut par lequel il manifeste son amour pour le peuple d’Israël, ainsi que son opposition à toute forme de totalitarisme tel qu’il était pratiqué par le Pharaon. Dieu donne une réelle constitution au peuple d’Israël, il l’établit en tant que nation et lui donne les principes qui doivent régir sa vie sur tous les plans.
C’est pourquoi ces commandements, avec le résumé magistral qu’en fait le Christ, ont pour nous une grande importance. Ils ne peuvent en aucun cas être relégués à la sphère privée, ils ont une portée politique et sociale. Ils montrent le chemin pour garder et grandir dans la liberté reçue.

 

Bien sûr, nous sommes en présence d’un peuple en Alliance avec Dieu, soumis à un régime théocratique. Il est inutile de préciser que l’engagement politique chrétien ne peut en aucun cas viser la restauration de ce type de régime, ni de manière explicite, ni de manière implicite. Il faut, à ce propos, éradiquer tout rêve enfoui, toute racine de motivation qui nourrirait une telle vision. Le rôle de témoin, en tant qu’Eglise et en tant qu’individu se vit dans un régime démocratique et républicain, dans une laïcité choisie. Ceci reste au centre du positionnement biblique.

 

Une fois rappelées ces réserves dues aux différences entre la position de l’ancien Israël et celle de nos nations européennes, le décalogue et les valeurs qui en découlent gardent tout leur sens en tant que grille d’analyse et de réflexion pour évaluer la politique d’une nation ou d’une communauté de nations. 
Trois repères nous sont donnés : - la relation envers Dieu, - la  relation envers soi-même et – la relation envers les autres.

 

Il n’est pas inutile de dire que dans son résumé des commandements de Dieu, le Christ a choisi d’insister sur l’amour. Etonnamment, ce terme a été employé à plusieurs reprises dans les discours politiques récents, au cours la campagne présidentielle en particulier. Ceci nous offre un terrain favorable pour rappeler l’essentiel !

- L’attitude envers Dieu, ou « tu aimeras ton Dieu »

 

Sur un plan politique et pour des raisons évidentes, il ne s’agit pas de demander aux pays de l’Union Européenne d’aimer Dieu….
Par contre, il nous appartient de définir ce que nous attendons des nations en matière d’attitude envers la foi et envers les croyants, sachant que cela n’est pas sans lien avec l’attitude envers Dieu. Certes, le rôle de la politique n’est pas de régir la relation individuelle avec Dieu, mais de créer le cadre favorable à ce que chacun puisse jouir d’une réelle liberté de culte.
C’est une façon d’aimer Dieu pour l’Europe, mais aussi pour toute nation.
C’est la question de la liberté religieuse.

 

On aurait aimé, si le projet de traité constitutionnel avait vu le jour, que les racines chrétiennes de l’Europe soient mentionnées. Sans revenir sur ce débat, peut-être plus complexe qu’il n’y paraît, et sans stigmatiser ceux qui se sont opposés à cette mention, on peut dire qu’il révèle une certaine attitude envers Dieu. Aujourd’hui, comme le rappelle Michel Camdessus dans son allocution au Petit Déjeuner de prière à la commission Européenne en décembre 06, il est encore plus important que l’Europe incarne de manière réelle la foi chrétienne dans son engagement auprès des pays pauvres.

 

Le Conseil d’Eglises Chrétiennes en France, à travers ses co-présidents, écrivaient, à l’occasion du projet de traité :
Nous nous félicitons de la reconnaissance par le Traité de l’identité particulière des Eglises et de leur contribution spécifique au débat public. L’Union s’engage à maintenir avec elles, ainsi qu’avec les organisations non confessionnelles, un dialogue ouvert, transparent et régulier. A défaut d’honorer le passé par une référence explicite à l’héritage chrétien, le Traité prend soin du présent et de l’avenir.

 

Toutefois, les chrétiens ne peuvent pas demander aux nations ce qu’ils ne feraient pas eux-mêmes. Ainsi aimer Dieu, c’est avant tout la responsabilité des chrétiens européens. Or l’amour de Dieu, c’est aussi l’amour des frères…
Travailler à tout ce qui rassemble, fortifie l’unité à l’échelle européenne relève de l'engagement des chrétiens.
Le rassemblement œcuménique européen de Sibiu en septembre 07 a permis de mesurer le chemin à parcourir vers la réconciliation et l’unité. Il s’agit d’un long processus, et au-delà des obstacles et des défis, nous ne devons pas perdre de vue que l’unité de l’Eglise en Europe est essentielle à la construction de l’Europe.

 

Les petits déjeuners de prière, tant dans les différents parlements des pays membres qu’à la Commission Européenne ou au Parlement Européen sont des lieux où l’on met en œuvre ce commandement d’aimer Dieu. Quelles promesses dans ces rencontres personnelles autour du Christ, au-delà des différences de convictions et d’engagements politiques !

 

- L’attitude envers soi-même ou « tu aimeras ton prochain comme toi-même


Cette parole nous rappelle que l’amour du prochain semble découler de l’amour de soi. Comme s’il était impossible d’établir une relation harmonieuse et constructive avec autrui avant d’être en bons termes avec soi ! Cela semble une évidence, mais quel concentré de psychologie en une seule phrase. On n’a pas fait mieux depuis cette parole du Christ.
L’Europe devrait s’aimer elle-même ! Quelle traduction politique et sociale pour une telle valeur ?
Sans encourager aucune forme de xénophobie, d’ostracisme ou une recherche de l’intérêt des pays membres qui serait à sens unique, cette dimension de l’amour de soi mérite qu’on en définisse les contours.
Elle touche la notion d’identité et de capacité à vivre en communauté.
Christine Boutin écrivait dans la Croix du 26 octobre 04, titre Pour une Europe forte de sa propre identité : « La toute récente Europe des 25 doit d’abord se constituer un socle de valeurs communes, avant de l’élargir à d’autres pays, de culture et de religion historiquement différentes. »
Elle rappelait que « c’est en étant forte de sa propre identité et de sa propre Histoire que l’Europe sera en mesure de découvrir et d’établir des relations avec d’autres pays de culture et de religion différentes. La peur de l’autre provient souvent d’un manque d’assurance quant à sa propre identité. Quand on ne sait plus qui l’on est et d’où l’on vient, la rencontre avec l’autre génère l’inquiétude et l’incompréhension. »
On parle beaucoup d’identité européenne, c’est une expression de cet amour de soi : se connaître, être en paix avec notre histoire commune, être au clair sur le vivre ensemble, c’est une façon de s’aimer.

 

Travailler à l’identité européenne, dans le respect de l'identité de chaque nation, exige un travail de fond qui est loin d’être accompli. La gestion de la communauté européenne, avec ses urgences de tous ordres, ne permet pas toujours d’approfondir ces questions. Les générations passent, et le travail de rapprochement peut prendre du retard. Quel regard portons-nous sur les différents pays membres, en allant des proches voisins jusqu'aux plus lointains ? Cette connaissance mutuelle devrait être une des priorités, afin que le faire ne continue pas de prévaloir sur l’être. En tous cas pour leschrétiens. La dimension relationnelle est fondamentale dans le Royaume de Dieu. Si l’Europe n’intensifie pas tout ce qui permet un rapprochement des peuples et des cultures qui la composent, la réalité économique et demain politique repose sur un fondement fragile. La contribution chrétienne, c’est rappeler l’ordre des priorités, de chercher à les mettre en oeuvre.


« S’aimer soi-même » en tant qu’Union Européenne, c’est accepter de placer l’intérêt général au-dessus de l’intérêt personnel/national. Tout intérêt national comme une fin en soi, ne peut que polluer le processus de construction et finalement le compromettre. L’Union Européenne nous offre un lieu favorable au dépassement des intérêts nationaux pour aller vers une recherche de l’intérêt général. Tout ce qui favorise la reconnaissance et l’appréciation mutuelles de la diversité européenne va dans ce sens.


L’occasion nous est donnée de travailler ce qui est de l'ordre de la peur de l'autre, du racisme, ou toute forme de nationalisme. Il y a une grande différence entre l'amour pour sa nation, et la supériorité et le mépris des autres. Je peux être fier de  ma famille biologique, mais sans que cela n'entraîne un jugement de valeur, ni supériorité par rapport aux autres.
C’est pourquoi il est juste de rappeler en permanence que la motivation des pères fondateurs de l’Europe était l’établissement et le maintien de la paix entre des nations qui s’étaient fait la guerre pendant plusieurs générations.

 

L'appartenance à cette communauté de nations est une chance pour l'ouverture. C’est un lieu d’apprentissage de la diversité, de la valorisation des différences perçues comme des expressions de la Gloire de Dieu et non comme des menaces. Afin de dépasser les antagonismes culturels, historiques, économiques, sportifs, etc.

 

Les questions d’environnement entrent dans cette valeur : s’aimer, c’est aussi prendre soin des générations futures, c’est veiller à la transmission. Nous pouvons le faire en travaillant sur la préservation de l’environnement, comme une responsabilité pour nous-mêmes et pour les prochaines générations.

 

- L’attitude envers les autres ou « tu aimeras ton prochain »


Continent privilégié sur bien des plans, l’Europe ne peut esquiver sa mission au service des autres pays. A ce propos, je ne mentionnerai que la responsabilité de l’Union Européenne envers les pays émergents. Nous avons un devoir de solidarité.
C’est là qu’on retrouve l’appel de Michel Camdessus à être de plus en plus l’incarnation de l’amour de Dieu pour les pays pauvres.

Toujours à l’occasion du débat sur le projet de Traité Constitutionnel, les co-présidents du CECEF (Conseil des Eglises Chrétiennes en France) écrivaient :


Une communauté de valeurs au service de l’homme
Le Traité énumère les valeurs qui fondent l’Union, à commencer par le respect de la dignité humaine. Il rappelle que l’Europe entend promouvoir la paix, la justice et le bien-être de tous. Il réaffirme la responsabilité et la solidarité de l’Union à l’égard du monde, renouant ainsi avec les intuitions premières de ses fondateurs. Enfin, le Traité intègre la Charte des droits fondamentaux, rendue juridiquement contraignante, et témoigne ainsi de la volonté de mettre l’homme au cœur de la construction européenne.

 

Si le projet a échoué, l’esprit de cette remarque demeure à toujours. Mettre l’homme au centre c’est être fidèle à l’amour du prochain.

 

Le Défi Michée, dont la vocation est de rappeler aux gouvernants les engagements du millénaire en vue de lutter contre la pauvreté dans le monde, incarne ce commandement à l’échelle planétaire. (www.defimichee.org). Le Défi Michée offre aux chrétiens l’occasion de jouer un rôle prophétique, tant auprès des gouvernants qu’auprès des populations. 

 

Ces trois valeurs sont à décliner dans chaque dossier, liberté religieuse, environnement, famille, politique sociale, accueil de l’étranger, etc. Elles sont destinées à servir de socle à tout projet, programme qui se veut nourri des valeurs du Royaume de Dieu.

Jean-Marc POTENTI.
Transforum ID2R.
Valence, Octobre 07.


Cf. Déclaration Schuman du 9 mai 1950

 

L’approche socio-politique de l’Alliance Evangélique Européenne

« Nous affirmons que nous devons manifester l’amour de Dieu de façon visible, en nous occupant de ceux et celles qui sont privés de justice, de dignité, de nourriture et d’abri.
Nous affirmons que la proclamation du Royaume de Dieu, royaume de justice et de paix, exige de notre part la dénonciation de toute injustice et de toute oppression, personnelle ou institutionnelle ; nous ne reculerons pas devant ce témoignage prophétique. » (Manifeste de Manille, affirmations 8 & 9)

L’Alliance Evangélique Européenne (AEE) est en plein accord avec ces deux affirmations, ainsi que les paragraphes 5 & 13 de la Déclaration de Lausanne, portant sur « La responsabilité sociale du chrétien » et sur « La liberté et la persécution »[1].  L’AEE croit que la manifestation du caractère et des valeurs de Dieu est au cœur de la foi chrétienne, annonciatrice du règne de Christ sur la terre et reflet du Christ roi.  Les chrétiens sont appelés à montrer le chemin vers le Christ par des actions qui renforcent la justice et l’équité, par des actes de compassion envers ceux et celles qui sont dans le besoin et par leurs efforts pour s’attaquer aux causes sous-jacentes de ce besoin. Les paroles seules ne suffisent pas : le commandement de Jésus « aimer son prochain » comporte des implications socio-politiques immenses. 

Manifester le caractère de Dieu, être les ambassadeurs du Christ, constituent une tâche impossible à laquelle les chrétiens sont néanmoins appelés[2].  L’AEE croit que l’action socio-politique chrétienne devrait toujours être enracinée dans : - 

  1. La dépendance sur Dieu.  L’effort humain a de la valeur quand c’est Dieu qui lui en donne la capacité. La prière est cruciale.
  2. L’humilité.  Les êtres humains ne peuvent jamais parler pleinement et parfaitement au nom du Christ, car il est au delà de la pleine capacité de compréhension de n’importe quelle personne.  Parfois les chrétiens risquent d’entacher la réputation du Christ et la diffusion de la Bonne Nouvelle par des actions et des paroles politiques inappropriées. 
  3. Les bonnes relations.  Jésus recherchait la relation avec autrui, y faisant preuve de grâce en traitant chacun avec dignité. Il devrait en être de même de ses disciples ! Toute relation avec les personnalités politiques devrait viser à les bénir plutôt qu’à les ‘utiliser’. 
  4. Une largeur de vue.  Les chrétiens devraient chercher à refléter Jésus aussi bien que possible : son sens de la justice et sa haine du péché, sa miséricorde face aux conflits et à l’oppression, sa compassion et son amour pour tous à chaque stade de la vie. 
  5. L’indépendance politique.  Jésus était politique mais se tenait à distance des structures politiques.  Les préoccupations du Christ transcendent les étiquettes « droite » et « gauche ».  Aucun parti politique n’est jamais infaillible.  Sur un plan individuel, les chrétiens peuvent et, peut-être même devraient, adhérer à des partis politiques, en y exerçant une influence positive.  Cependant, l’AEE croit que les Eglises et les Alliances Evangéliques devraient être indépendantes des partis politiques et des gouvernements, exerçant leur responsabilité biblique et constitutionnelle en participant au processus démocratique et en cherchant à convaincre la société que les valeurs de Dieu sont ce qu’il y a de mieux pour tous.
  6. La vérité et le professionnalisme.  Les chrétiens fondent sur la vérité biblique leurs convictions et leurs objectifs politiques, en prenant soin toutefois de ne pas se servir des Ecritures dans le seul but de confirmer leurs idées politiques préconçues.  Les chrétiens devraient toujours fonder leurs actions politiques sur la vérité politique, se refusant toujours à croire les simples rumeurs ou à faire des raccourcis dans le suivi et l’analyse d’une situation.  L’AEE ne s’attend pas à ce que les hommes et les femmes politiques l’écoutent simplement parce qu’elle représente des millions d’individus et des milliers d’Eglises.  Elle s’attend à être écoutée quand elle a quelque chose de pertinent à dire qui contribue au débat politique et quand ces idées sont présentées professionnellement. 
  7. La responsabilité.  Entrer dans l’arène publique, en tant que chrétiens, est une vocation difficile.  Pouvoir s’appuyer sur un groupe politiquement diversifié auquel on accepte de rendre des comptes est une sauvegarde utile.  L’équipe socio-politique de l’AEE répond de ses actes et de ses paroles au Secrétaire Général et, partant, à tous les membres de l’AEE.  Les travaux de l’équipe sont encadrés par le "EEA’s Public Policy Autorisation Team" de l’AEE, dont les membres sont approuvés par l’Assemblée Générale de l’AEE.

L’AEE croit que seul le retour de Jésus annoncera la fin de la bataille contre le mal et permettra la mise en place d’une société parfaite.  Cependant, l’AEE est convaincue que le peuple de Dieu est appelé à être sel et lumière dans tous les domaines de la vie, faisant tout ce qui est en son pouvoir pour arrêter la décomposition, exposer l’injustice et, au contraire, apporter à la vie saveur et espoir.   

Les chrétiens agissant dans l’arène publique n’ont pas toujours apporté l’espoir.  D’autres ont parfois choisi de se soustraire à leurs responsabilités publiques.  Toutefois, l’AEE remercie Dieu pour les innombrables exemples de croyants chrétiens qui ont béni la société européenne tout au long des siècles. Jan Amos Comenius, en Bohème au 17e siècle, par exemple, a changé la manière dont étaient éduqués les enfants ; Elizabeth Fry, au 19e siècle en Grande Bretagne, a changé à jamais la manière dont étaient traités les prisonniers ; l’action de Joséphine Butler, aussi en Grande Bretagne au 19e siècle, a conduit à la mise en place de lois qui protégeaient les enfants de l’exploitation sexuelle et accordaient un minimum de droits aux prostituées ; Friedrich Wilhelm Raiffeisen, au 19e siècle en Allemagne, a créé des banques coopératives pour des milliers de fermiers pauvres. 

L’AEE remercie Dieu pour les innombrables chrétiens qui, aujourd’hui encore, cherchent à marcher dans les traces de leurs précurseurs en tant qu’élus politiques, fonctionnaires, journalistes, éducateurs, activistes dans des groupes de pression, hommes et femmes d’affaires, médecins et autres. 

L’AEE croit que les chrétiens sont appelés à la fois à proclamer et à être la Bonne Nouvelle. 

Pour plus d’informations sur l’approche socio-politique de l’AEE en Europe, veuillez contacter
Julia Doxat-Purser, eea@community-house.co.uk

Pour plus d’informations sur le travail socio-politique de l’AEE à Bruxelles, veuillez contacter
Tove Videbaek, tove.videbaek@europeanea.org

[1] Déclaration de Lausanne para. 5 “Nous affirmons que Dieu est à la fois le Créateur et le Juge de tous les hommes; nous devrions par conséquent désirer comme lui que la justice règne dans la société, que les hommes se réconcilient et qu'ils soient libérés de toutes les sortes d'oppressions. L'homme étant créé à l'image de Dieu, chaque personne humaine possède une dignité intrinsèque, quelle que soit sa religion ou la couleur de sa peau, sa culture, sa classe sociale, son sexe ou son âge; c'est pourquoi chaque être humain devrait être respecté, servi et non exploité. Là aussi nous reconnaissons avec humilité que nous avons été négligents et que nous avons parfois considéré l'évangélisation et l'action sociale comme s'excluant l'une l'autre. La réconciliation de l'homme avec l'homme n'est pas la réconciliation de l'homme avec Dieu, l'action sociale n'est pas l'évangélisation, et le salut n'est pas une libération politique. Néanmoins nous affirmons que l'évangélisation et l'engagement socio-politique font tous deux partie de notre devoir chrétien. Tous les deux sont l'expression nécessaire de notre doctrine de Dieu et de l'homme, de l'amour du prochain et de l'obéissance à Jésus-Christ. Le message du salut implique aussi un message de jugement sur toute forme d'aliénation, d'oppression et de discrimination. Nous ne devons pas craindre de dénoncer le mal et l'injustice où qu'ils soient. Lorsque les hommes acceptent Christ, ils entrent par la nouvelle naissance dans son Royaume et ils doivent rechercher, non seulement à refléter sa justice, mais encore à la répandre dans un monde injuste. Le salut dont nous nous réclamons devrait nous transformer totalement dans notre façon d'assumer nos responsabilités personnelles et sociales. La foi sans les oeuvres est morte.”    (Actes 17:26, 31; Genèse 18:25; Esaïe 1:17; Psaume 45:7; Genèse 1:26-27; Jacques 3:9; Lévitique 19:128; Luc 6:27,35; Jacques 2:14-26; Jean 3:3,5; Matthieu 5:20; 6:33; 2 Corinthiens 3:18; Jas. 2:20)
Para. 13 “Dieu a chargé tous les gouvernements d'assurer des conditions de paix, de justice et de liberté dans lesquelles l'Eglise peut lui obéir, servir Christ le Seigneur et prêcher l'Evangile sans empêchement. C'est pourquoi nous prions pour les chefs des nations et nous leur demandons de garantir la liberté de pensée et de conscience, ainsi que celle de pratiquer la religion et de la propager selon la volonté de Dieu et conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Nous sommes intensément préoccupés par tous ceux qui ont été injustement emprisonnés. Nous pensons particulièrement à nos frères qui souffrent à cause de leur témoignage au Seigneur Jésus. Nous promettons de prier et d'agir pour leur libération. En même temps nous refusons de nous laisser intimider par leur sort. Avec l'aide de Dieu, nous chercherons aussi à nous opposer à l'injustice et à rester fidèles à l'Evangile, quel qu'en soit le prix. Nous nous souvenons de l'avertissement de Jésus : la persécution est inévitable.”  (1 Timothé 1:1-4; Actes 4:19; 5:29; Colossiens 3:24; Hébreux 13:103; Luc 4:18; Galates 5:11; 6:12; Matthieu 5:10-12; Jean 15:18-21)

[2] 2 Cor. 5:20.

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Présentation :(Jean-Marc Potenti)


Les Evangéliques ne sont pas restés en retrait du débat européen, comme en témoignent les trois propositions qui ont été soumises aux membres de la convention chargés de la rédaction du projet constitutionnel.
Le premier texte insiste sur le fait que la CE ne doit pas être considérée seulement sous l’aspect des affaires et de l’économie, mais avant touts choses comme une communauté de valeurs. La seconde proposition définit ces valeurs comme étant la tolérance, la démocratie, les droits de l’homme, le respect de l’individu. Ces valeurs sont présentées comme étant enracinées à la fois dans la culture gréco-romaine et chrétienne, mais aussi dans celle du 20e siècle.
 
Dans la troisième proposition intitulé « Dieu et les valeurs chrétiennes de l’Europe », la réflexion porte sur la mention des valeurs chrétiennes ou judéo chrétiennes dans le préambule du traité constitutionnel de l’Europe.
Ce débat, ou en tous cas le traité sous sa première forme n’est plus vraiment d’actualité, mais la réflexion et la proposition de l’Alliance Evangélique Européenne me semblent tout à fait pertinentes : même si en tant que chrétiens, on apprécierait que ces références soient mentionnées, nous sommes encore plus attentifs au fait que l’Europe continue de se bâtir sur un socle de valeurs conformes à l’Evangile. Sur ce point, le texte rejoint la réflexion de Michel Camdessus
Vous apprécierez la proposition de l’AEE, en fin de texte, à la fois ferme sur ses convictions et respectueuses des différence

• Première proposition sur l'avenir de l'Europe

• Seconde proposition sur l'avenir de l'Europe (en anglais en cours de traduction)

• Troisième proposition sur l'avenir de l'Europe

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L' Union Européenne  : perspectives de l'EEA (Alliance Evangélique Européenne), September 2005

Nom de l’article
Union Européenne - Perspectives de l'Alliance Evangélique Européenne

Présentation

Ecrit quelques mois après le refus du traité constitutionnel par la Hollande et la France, ce texte garde encore toute son actualité. Il donne un aperçu historique de l’Europe, un fondement biblique pour l’engagement politique qui rejoint les positions d’ID2R et présente les institutions européennes avec beaucoup de clarté. Enfin, il trace une perspective exigeante mais pleine d’espérance de nature à renforcer notre compréhension et notre engagement.
Extrait du dernier paragraphe, juste pour vous donner envie de lire le texte en entier (traduction) : « nous faisons le rêve d’un 21e siècle… pour l’Europe, dans lequel la diversité est mise en valeur, dans lequel chaque culture apporte sa contribution unique, dans une atmosphère de respect mutuel. Une Europe engagée dans la réconciliation, la paix, la liberté de conscience et de religion, et dans la convention européenne des droits de l’homme.
(…)
Une Europe qui résiste à toutes les tentatives de devenir un nouvel Empire du 21e siècle, mais qui s’engage dans un partenariat avec le reste du monde. »

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"Lettre ouverte aux candidats à l'élection présidentielles" de l'Alliance Evangléique Francaise

Présentation : "Ce n'est pas parce que les élections ont eu lieu que le texte envoyé aux candidats n'est plus d'actualité... Voici une lecture qui enrichit encore notre compréhension de la vocation politique d'un point de vue chrétien."

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Communiqué de Jean-Arnold de Clermont à Nicolas Sarkozy

Présentation : Quand les opinions partisanes s'effacent devant l'autorité de la Bible, c'est l'exigence biblique rappelée par Jean-Arnold de Clermont à Nicolas Sarkozy

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Suite Mouvemnt de Lausanne

 

Un des textes fondamentaux, (on en découvrira beaucoup d'autres sur le site) est la Déclaration de Lausanne. Elle est issue du Congrès international pour l’évangélisation (CIPEM) qui s’est tenu à Lausanne en juillet 1974 avec une participation de plus de 4000 chrétiens venus du monde entier.

L'ensemble de cette déclaration mérite toute notre attention, je vous livre le §5 en particulier car il réconcilie évangélisation et combat pour la justice sociale.

5. RESPONSABILITE SOCIALE DU CHRETIEN:
Nous affirmons que Dieu est à la fois le Créateur et le Juge de tous les hommes; nous devrions par conséquent désirer comme lui que la justice règne dans la société, que les hommes se réconcilient et qu'ils soient libérés de toutes les sortes d'oppressions. L'homme étant créé à l'image de Dieu, chaque personne humaine possède une dignité intrinsèque, quelle que soit sa religion ou la couleur de sa peau, sa culture, sa classe sociale, son sexe ou son âge; c'est pourquoi chaque être humain devrait être respecté, servi et non exploité. Là aussi nous reconnaissons avec humilité que nous avons été négligents et que nous avons parfois considéré l'évangélisation et l'action sociale comme s'excluant l'une l'autre. La réconciliation de l'homme avec l'homme n'est pas la réconciliation de l'homme avec Dieu, l'action sociale n'est pas l'évangélisation, et le salut n'est pas une libération politique. Néanmoins nous affirmons que l'évangélisation et l'engagement socio-politique font tous deux partie de notre devoir chrétien. Tous les deux sont l'expression nécessaire de notre doctrine de Dieu et de l'homme, de l'amour du prochain et de l'obéissance à Jésus-Christ. Le message du salut implique aussi un message de jugement sur toute forme d'aliénation, d'oppression et de discrimination.
Nous ne devons pas craindre de dénoncer le mal et l'injustice où qu'ils soient. Lorsque les hommes acceptent Christ, ils entrent par la nouvelle naissance dans son Royaume et ils doivent rechercher, non seulement à refléter sa justice, mais encore à la répandre dans un monde injuste. Le salut dont nous nous réclamons devrait nous transformer totalement dans notre façon d'assumer nos responsabilités personnelles et sociales. La foi sans les oeuvres est morte.

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Suite Défi Michée


La notion de Mission Int égrale et définie de la façon suivante :
La mission intégrale, ou la transformation holistique, est la proclamation et la mise en pratique de l’Evangile. Il ne s’agit pas simplement de faire en même temps de l’évangélisation et de l’action sociale. Au contraire, dans la mission intégrale, notre proclamation a des conséquences sociales, puisque nous appelons à l’amour et à la repentance dans tous les domaines de la vie.
On lira avec profit, en plus des actions menées, les textes qui présentent les fondements théologiques de cette vision  ainsi que les déclarations fondatrices.  

Liens sur fondements théologiques

Prenez connaissance des actions engagées et faites-les connaître autour de vous.

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